La lampe à l’huile
Une lampe à l’huile et l’atmosphère devient plus intime
Cet objet ancestral trouve sa place dans tous les intérieurs contemporains par sa grande variété de formes et de matières.
Très tôt après la découverte du feu, on trouve la trace du plus vieux système d’éclairage : la lampe à huile. Les plus anciennes étaient constituées d’une simple pierre évidée dans laquelle une mèche végétale trempait.
Les peuples antiques travaillaient la glaise et réalisaient des lampes plus légères, plus pratiques, en utilisant de l’huile minérale ou Modérateur avec son fût en porcelaine du Japon ou de végétale. Pendant des siècles, aucun progrès significatif n’est apporte : la torche et la chandelle règnent.

Il faut attendre le XVIIe siècle pour voir apparaitre une nette évolution dans les formes et les matières notamment l’étain et le verre fréquemment utilisés.
Si le principe de base de la lampe à huile, appelée aussi veilleuse depuis l’antiquité, a évolué, il reste néanmoins inchangé. Une mèche de coton, est plongée dans de l’huile végétale que l’on fait bruler.
En remontant par capillarité le long de la mèche sous l’effet de la chaleur de la flamme, l’huile sert de combustible. Approvisionnée en quantité suffisante, elle permet un allumage continu supérieur à 24 heures.
D’inventions en innovations
Depuis l’antiquité, l’huile utilisée dans les lampes est extraite des plantes oléagineuses comme l’olive, les glands, les faines, l’Å“illette (ou pavot) et surtout le colza bien qu’elles n’aient pas toutes la même efficacité (le colza moins cher est moins lumineux que la noix).
On remarque cependant l’utilisation, selon les pays, d’huiles animales
telles l’huile de lard ou l’huile de baleine.
Restent les difficultés principales : l’huile trop visqueuse monte irrégulièrement à la mèche qui elle-même a vite tendance à charbonner et à s’éteindre.
Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle qu’interviennent des progrès déterminants, à la fois dans la mécanique et dans l’amélioration des mèches et bruleurs.
Vers 1780, le chimiste français Proust invente la lampe à huile à réservoir latéral et à niveau constant : l’huile, située en hauteur par rapport au bec est poussée vers le bec par son propre poids.
Le physicien et chimiste suisse Ami Argand découvre en 1782 1a mèche cylindrique et la cheminée de tôle, puis de verre.
Cette lampe sera suivis très vite de la lampe Quinquet montée sur une tige qui restera d’usage courant jusqu’à l’avènement du pétrole.

Les lampes à huile sont aujourd’hui très recherchées par les collectionneurs.
Excepté les pièces de musée grecques ou romaines en terre cuite issues de fouilles et quelques lampes en bronze de l’antiquité, les lampes à huile, particulièrement celles du XIXe siècle, sont nombreuses et variées. Elles ont marqué l’évolution de l’éclairage par leur grande diversité.
A la suite d’Ami Argan, premier inventeur à améliorer le système, des dizaines de lampistes ferblantiers vont se relayer pour trouver une multitudes de petits perfectionnements.
Ces belles pièces ces sont recherchées par les collectionneurs chevronnés, et se raréfient d’années en années.
Une flambée des prix s’ensuit particulièrement en France où les étrangers se bousculent. Ils recherchent nos lampes pour leur diversité, originalité, beauté, technicité et aspects multiples, tant en forme qu’en matière.
Selon les spécialistes, il est très intéressant de présenter une suite cohérente de lampes à huile.
Une collection de lampes représentant chacun de ses inventeurs montrant son évolution par exemple.
Elles permet de mesurer les progrès effectués et cet ensemble auras assurément une très belle cote.
Reine des salons de l’Empire
A partir de 1800, la lampe Carcel, plus compliquée et onéreuse, comporte un mouvement d’horlogerie et une pompe pour faire monter l’huile. Le réservoir n’est plus latéral mais est placé maintenant sous le bruleur. En 1820 apparait la lampe sinambre (du latin, sans ombre) de Philips dont le réservoir en forme d’anneau creux entoure le bec et supporte un abat-jour.
L’huile coule vers la mèche avec un débit suffisamment important pour assurer une bonne combustion.
La lampe à modérateur de Franchit, en 1837, reprend le principe de la mécanique à piston et se voit adjoindre une aiguille mobile régulatrice.
Elle sera la reine des salons du Premier Empire jusqu’à l’invention de la lampe à pétrole autour de 1853.
Plus facile d’utilisation, plus «écologique», elle ne fume pas et assure un éclairage constant.
Elle mettra définitivement un terme à la lampe à huile dès 1880…
Matières et formes:
Au Moyen Âge, les lampes à huile sont en pierre, en terre cuite ou en fer et parfois malicieusement décorées de visages humains, de têtes d’animaux, de becs multiples. Les lampes en bronze sont chères et marginales.
Dès la fin du XVIIIe siècle et jusqu’à la dernière partie du XIXe siècle, la lampe à huile des plus modestes est en tôle, peinte ou nue. Pour les bourgeois, elle est fabriquée en porcelaine, en faïence, en barbotine, en laiton repoussé. Il la faut la plus belle possible et pour se distinguer, on cherche à en diversifier les aspects.
Elle prend la forme de pichet, de vase, avec poignée, sans poignée. On lui adjoint une tête de lion, on marie les matières, porcelaine sur bronze, bronze sur les côtés.
Les marques et les inventeurs:
De la fin du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle, la lampe à huile va fonctionner de mieux en mieux grâce à des inventeurs qui cherchent à la perfectionner : Argand en 1782, puis Quinquet, Carcel, Gagneau, Decourt, Gotten, Hadrot, Couilleboeuf, Grivard, De Boussard, Joseph Schlossmacher à Paris, Carle à Lyon, Chatelain à Amiens, font partie de la multitude de ferblantiers lampistes qui ont contribué à la faire évoluer.
les prix:
Les lampes à huile se vendent souvent par paire car elles sont posées de chaque côté de la cheminée. Cela a pour conséquence d’augmenter les prix : vendue 150 € à l’unité, la paire s’échangera 450€
• Comptez en moyenne 80 à 100€ pour une lampe simple du XIXe siècle.
• Lampe simple en tôle : à partir de 30€
• Lampe en porcelaine à modérateur, XIXe siècle, à l’unité 80 à 100€
• Lampe De Boussard, la paire, première partie du XIXe siècle: 1.000 €
Poster le :11 juillet, 2008 Par Maison chic Article sur : Objets de décoration
Tags: deco, lampe, lampe à l’huile



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